

Films, débats, échanges… le Sivom de la haute vallée de l’Arve, qui regroupe les communes de Chamonix, Les Houches, Vallorcine, Servoz a pris à bras le corps son plan climat. Avec en filigrane la pédagogie à mettre en œuvre, toutes cibles confondues, pour entraîner les habitants de la vallée dans la voie choisie par les élus.
Jeudi dernier, à Chamonix, l’hôtel « Les Aiglons » déjà bien engagé dans une démarche de maîtrise de son impact sur l’environnement, ouvrait ses portes à un échange entre élus, techniciens du tourisme (Chamonix et Megève) et acteurs du tourisme de la vallée.
Et pour Joël Didillon, premier adjoint à la mairie de Chamonix, les choses sont assez claires : « le périmètre du Sivom de la haute vallée de l’Arve, c’est 217 km2, pour 14 000 résidents, 80 000 lits touristiques, 6 millions de nuitées touristiques. En termes de déplacements quotidiens, ce sont 45 000 véhicules jour pour l’intra vallée, 23 000 véhicules jour pour les circulations hors vallée, 5 000 véhicules jour pour les transports internationaux, autrement dit, les camions. Avec, toutes les courbes en attestent, une température moyenne annuelle qui s’est élevée de
Autant d’évolutions évidemment liées au changement climatique et aux émissions en gaz à effet de serre (GES). Autant de raisons de travailler sur les émissions en GES de
Les transports en commun gratuits
« Alors, tandis que la mesure n’est obligatoire que pour les communes de plus de 50 000 habitants, Chamonix a souhaité se doter d’un plan de déplacement urbain, avec mise en place de la gratuité dans les transports en commun, de parkings relais et bien sûr un gros travail sur le chemin de fer (Mont Blanc Express). Mesurés sur la vallée, les émissions de GES proviennent en effet pour 38 % des transports, 39 % de l’habitat – qui n’est pour l’instant pas traité – 24 % des services. Et dans ces chiffres, la collectivité ne pèse que pour 12 à 15 %. D’où l’importance d’impliquer l’ensemble des habitants… »
Un plan climat, c’est tenter d’atténuer les émissions en GES, pour atteindre l’engagement de la France au protocole de Kyoto, de réduire par 4 ses émissions d’ici à 2050. « Le plan de déplacements urbain y contribue, la mise en place d’une filière bois énergie aussi, avec étude précise des limites de ce type de combustible, émetteur de fines particules… »
Plusieurs acteurs de la vallée sont dans de gros dossiers. Telle l’ENSA (Ecole nationale de ski et d’alpinisme) qui travaille sur les émissions produites par son énorme bâtiment de près de
Le plan climat c’est aussi réfléchir à comment s’adapter aux effets du réchauffement, « comment par exemple, trouver une alternative, ou une solution, à la grotte de glace du Montenvers, condamnée à courte échéance ? »
Rester cohérent dans la stratégie commerciale de la vallée
A l’office de tourisme, le directeur Bernard Prud’homme dressait un premier bilan d’une année de certification iso 14 001 de l’office (management environnemental). « Depuis trois bonnes années, la sensibilité exacerbée de nos clients aux problèmes de l’environnement nous poussait dans cette voie. Megève, avec son directeur d’alors, Adrien Duvillard, est partie en premier sur une démarche iso 14 001. Nous avons suivi. Et nous avons bénéficié de l’expérience de Tiphaine Breillot qui avait accompagné à Megève la mise en place de
Outre ces premiers résultats, et au niveau de l’office, au bout d’une année, nous nous trouvons bons dans notre effort pour réduire nos consommations (- 10 %) ou dans le tri des déchets !
La sensibilisation de l’équipe est telle qu’elle déborde sur la vie familiale, c’est réellement la pédagogie du changement. Il arrive, lorsque je suis à mon bureau, qu’un des membres de l’office vienne éteindre la lampe oubliée ! Nous avons aussi travaillé sur des achats de fournitures « responsables ». Les choix semblent faciles. Ils ne le sont pas toujours. Pour assurer les déplacements nous avions opté, il y a 5 ans, pour des Sharan de Volkswagen. Nous avons changé pour des hybrides Prius de Toyota. Seulement voilà, les performances énergétiques et en émissions de GES sont aujourd’hui meilleures avec les derniers diesels, et il faut aussi se demander si balader des batteries de 300 kilos au col des Montets a du sens. En fait, nous sommes abreuvés d’infos, la difficulté c’est de trier ce qui est sérieux de ce qui relève du simple « green washing ».
Plus sérieusement, la démarche nous oblige à nous interroger sur la cohérence de nos actions commerciales. Alors que nous savons que, dans le tourisme, les déplacements (notamment en avion) sont les plus émetteurs en GES, nous allons chercher nos clients en Asie ou en Inde… A chaque chose malheur est bon, la crise a réveillé la clientèle de proximité. »
Il n’y a pas que la calotte arctique ou les glaces du Groenland qui fondent, celles des glaciers alpins également, et de manière spectaculaire. La faute à un réchauffement climatique accéléré qui va, à coup sûr, fortement remodeler dans les prochaines années des paysages que l’on croyait pourtant immuables à l’échelle d’une vie. Jean-Marie Claret en est l’une des victimes emblématiques...
Tout leTout le monde à Chamonix connaît M. Claret, l’exploitant de la grotte de glace du Montenvers. Une grotte qui, depuis 1946, reçoit chaque année des dizaines de milliers de touristes venus du monde entier admirer la Mer de glace et plonger en son cœur dans les reflets bleutés de ses parois sous le regard blasé du saint-bernard de service.
Or, voilà que la pérennité de la grotte – déjà déplacée à plusieurs reprises pour faire face à l’avance naturelle du glacier (6 cm par jour) – est menacée. À tel point qu’il a fallu cette année engager de coûteux travaux pour sécuriser un site menacé par les chutes de pierres et de séracs. Sans compter la pose d’inélégantes bâches à la surface du glacier pour en limiter la fonte à l’aplomb de la grotte.
Le principal problème ne réside toutefois pas là. Desservie depuis la gare du train à crémaillère du Montenvers (1917 m d’altitude) par une télécabine d’une centaine de mètres de dénivelée, la grotte s’éloigne toujours plus de cette installation. Et pour cause : en raison du réchauffement climatique, le glacier perd désormais… 4 mètres d’épaisseur par an et beaucoup plus en période de canicule ! Résultat : la grotte n’est accessible qu’au moyen de passerelles et d’escaliers métalliques depuis la station inférieure de la télécabine. De 40 marches en 1990, on est passé à… 300 marches en 2009 ! Un véritable problème pour les nombreuses personnes âgées et les très jeunes enfants.
Ouvert avec trois semaines de retard, la grotte actuelle vit à l’évidence ses dernières saisons à son emplacement actuel. Dès 2011, elle devrait être déplacée non plus de quelques mètres comme dans le passé, mais de 300 ou 400 m en amont sur la partie plane de la Mer de glace. Au prix de très coûteux investissements en matière de desserte auxquels la municipalité de Chamonix réfléchit d’ores et déjà.
Encore faudra-t-il anticiper les effets du réchauffement pour pérenniser les futures installations. Car c’est une évidence : le glacier continuera de fondre à une vitesse vertigineuse à l’échelle géologique. En 14 ans, le front de la Mer de glace à reculé de 400 m. Et les experts du laboratoire de glaciologie du CNRS de Grenoble sont formels : il reculera encore de 600 à 900 m dans les 20 prochaines années !
Pour le reste, la vallée de Chamonix n’a guère changé ces dernières années, malgré une urbanisation croissante et la quasi-disparition des troupeaux de bovins de ses alpages. Malgré un temps exceptionnel en ce début d’été marqué par la persistance d’un grand beau temps matinal, les visiteurs semblent être moins nombreux, la faute sans doute à la crise économique. Une crise qui touche à l’évidence également les étrangers, mais sans les empêcher d’être nettement majoritaires dans les rues de la ville, les sentiers de montagne et les remontées mécaniques. Notamment les Japonais, réputés les meilleurs touristes du monde si l’on en croit une récente enquête, mais qui sont d’assez loin les plus enclins à jouer des coudes pour monter dans les téléphériques et s’assurer les meilleures places.
Quant à la récente diminution du taux de TVA dans la restauration, elle n’a pas donné lieu dans les établissements chamoniards à une chute spectaculaire des tarifs, c’est le moins que l’on puisse dire. Beaucoup de restaurants n’ont en effet strictement rien changé à leur carte, et les autres se sont contentés de diminuer les prix des plats les moins commandés par les touristes. Incidence nulle sur les fondues, raclettes, tartiflettes, brasérades et autres pierrades !
Autre problème, déjà constaté ailleurs (récemment à Paris, Marseille, Nevers et Bourges) : de plus en plus de restaurants n’affichent plus à l’extérieur les prix d’une sélection de vins comme les y oblige pourtant la loi. Une omission évidemment délibérée. Et pour cause : les prix des vins se sont envolés de manière spectaculaire sur leurs cartes, et il n’est pas rare désormais de voir une modeste AOC proposée à 24 ou 28 euros la bouteille ! J’envisage, à cet égard, de saisir la DGCCRF de ce problème qui tend manifestement à gagner tout le territoire national au détriment des clients pris en otage – ils ne découvrent le prix des vins qu’une fois installés dans la salle ! – par des professionnels hors la loi.
Allez, retour à Chamonix. Je joins à ce papier quelques-unes des 170 photos que j’y ai faites entre la fin juin et le début juillet. Bonne balade sur les sentiers chamoniards et, promis, l’an prochain, j’irai en Suisse ausculter les glaciers de l’Oberland Bernois, eux aussi très malades...
monde à Chamonix connaît M. Claret, l’exploitant de la grotte de glace du Montenvers. Une grotte qui, depuis 1946, reçoit chaque année des dizaines de milliers de touristes venus du monde entier admirer la Mer de glace et plonger en son cœur dans les reflets bleutés de ses parois sous le regard blasé du saint-bernard de service.
Or, voilà que la pérennité de la grotte – déjà déplacée à plusieurs reprises pour faire face à l’avance naturelle du glacier (6 cm par jour) – est menacée. À tel point qu’il a fallu cette année engager de coûteux travaux pour sécuriser un site menacé par les chutes de pierres et de séracs. Sans compter la pose d’inélégantes bâches à la surface du glacier pour en limiter la fonte à l’aplomb de la grotte.
Le principal problème ne réside toutefois pas là. Desservie depuis la gare du train à crémaillère du Montenvers (1917 m d’altitude) par une télécabine d’une centaine de mètres de dénivelée, la grotte s’éloigne toujours plus de cette installation. Et pour cause : en raison du réchauffement climatique, le glacier perd désormais… 4 mètres d’épaisseur par an et beaucoup plus en période de canicule ! Résultat : la grotte n’est accessible qu’au moyen de passerelles et d’escaliers métalliques depuis la station inférieure de la télécabine. De 40 marches en 1990, on est passé à… 300 marches en 2009 ! Un véritable problème pour les nombreuses personnes âgées et les très jeunes enfants.
Ouvert avec trois semaines de retard, la grotte actuelle vit à l’évidence ses dernières saisons à son emplacement actuel. Dès 2011, elle devrait être déplacée non plus de quelques mètres comme dans le passé, mais de 300 ou 400 m en amont sur la partie plane de la Mer de glace. Au prix de très coûteux investissements en matière de desserte auxquels la municipalité de Chamonix réfléchit d’ores et déjà.
Encore faudra-t-il anticiper les effets du réchauffement pour pérenniser les futures installations. Car c’est une évidence : le glacier continuera de fondre à une vitesse vertigineuse à l’échelle géologique. En 14 ans, le front de la Mer de glace à reculé de 400 m. Et les experts du laboratoire de glaciologie du CNRS de Grenoble sont formels : il reculera encore de 600 à 900 m dans les 20 prochaines années !
Pour le reste, la vallée de Chamonix n’a guère changé ces dernières années, malgré une urbanisation croissante et la quasi-disparition des troupeaux de bovins de ses alpages. Malgré un temps exceptionnel en ce début d’été marqué par la persistance d’un grand beau temps matinal, les visiteurs semblent être moins nombreux, la faute sans doute à la crise économique. Une crise qui touche à l’évidence également les étrangers, mais sans les empêcher d’être nettement majoritaires dans les rues de la ville, les sentiers de montagne et les remontées mécaniques. Notamment les Japonais, réputés les meilleurs touristes du monde si l’on en croit une récente enquête, mais qui sont d’assez loin les plus enclins à jouer des coudes pour monter dans les téléphériques et s’assurer les meilleures places.
Quant à la récente diminution du taux de TVA dans la restauration, elle n’a pas donné lieu dans les établissements chamoniards à une chute spectaculaire des tarifs, c’est le moins que l’on puisse dire. Beaucoup de restaurants n’ont en effet strictement rien changé à leur carte, et les autres se sont contentés de diminuer les prix des plats les moins commandés par les touristes. Incidence nulle sur les fondues, raclettes, tartiflettes, brasérades et autres pierrades !
Autre problème, déjà constaté ailleurs (récemment à Paris, Marseille, Nevers et Bourges) : de plus en plus de restaurants n’affichent plus à l’extérieur les prix d’une sélection de vins comme les y oblige pourtant la loi. Une omission évidemment délibérée. Et pour cause : les prix des vins se sont envolés de manière spectaculaire sur leurs cartes, et il n’est pas rare désormais de voir une modeste AOC proposée à 24 ou 28 euros la bouteille ! J’envisage, à cet égard, de saisir la DGCCRF de ce problème qui tend manifestement à gagner tout le territoire national au détriment des clients pris en otage – ils ne découvrent le prix des vins qu’une fois installés dans la salle ! – par des professionnels hors la loi.
Allez, retour à Chamonix. Je joins à ce papier quelques-unes des 170 photos que j’y ai faites entre la fin juin et le début juillet. Bonne balade sur les sentiers chamoniards et, promis, l’an prochain, j’irai en Suisse ausculter les glaciers de l’Oberland Bernois, eux aussi très malades...