jeudi 25 novembre 2010

le Grau du roi (coucher soleil suite)




Le soleil couchant est un artiste de génie. 


Le soleil change souvent d'horizon et de théâtre,
 a fin que la privation le fasse désirer quand il se couche, et que la nouveauté le fasse admirer quand il se lève

mardi 23 novembre 2010

L'espiguette


On aime tellement toutes les choses nouvelles qu'on a même quelque plaisir secret par la vue des plus tristes et des plus terribles événements, à cause de leur nouveauté.


[Madame de Sablé]






lundi 22 novembre 2010

le grau du roi ( coucher soleil )

           Quand les mouettes suivent le chalutier, c'est parce qu'elles pensent qu'on va leur jeter des sardines.
             Citations de Eric Cantona 


                                                              
                                                                     retour des chaluts

sommiéres

Située à la périphérie ouest de la Vaunage, région très viticole, à vingt-sept kilomètres de Nîmes et à vingt-huit de Montpellier, cette petite ville très pittoresque est connue pour son centre médiéval construit en "damier" le long du fleuve le Vidourle, dont les étroites rues sont enjambées de multiples arcades et porches, pour son château, aujourd'hui en ruine, dont la haute tour accessible aux visiteurs, domine la cité et pour son célèbre pont romain si souvent malmené lors des redoutables vidourlades. La commune est en effet régulièrement assujettie aux inondations lors d'épisodes de pluies cévenoles, le record date de septembre 2002.







mardi 2 novembre 2010

CHAMONIX / HAUTE-SAVOIE




Le chantier a débuté à Planpraz








Le pylône P5, “vendu” au 1er avril 2010 et aujourd’hui grignoté ! (Le DL/J.B.)





Suite à la construction de la télécabine de Planpraz, en 2008, laquelle a amené un certain confort et une rapidité d’accès au domaine skiable, les anciens pylônes n’avaient pu être démolis avant la mise ne route du chantier.


Ces pylônes ont, certes, fait couler beaucoup d’encre et alimenté de nombreuses conversations, mais la Compagnie du Mont-Blanc (CMB) et la commune de Chamonix se sont penchées sur le traitement et la démolition de ces monuments en béton.


Après de nombreux appels d’offres et différentes techniques proposées, vue la configuration atypique du terrain, la CMB a opté pour le principe de “grignotage” pour la démolition du P5 (premier pylône situé en amont de l’arrivée de la piste des Nants).
Une démolition par “grignotage”


Cette opération consiste à monter une plate-forme autour du pylône sur laquelle sera installé un brise roche hydraulique qui grignotera peu à peu l’édifice en réduisant les blocs en gravats. Ensuite, une fosse sera creusée autour du pylône pour les enterrer, les pièces métalliques ayant été débarrassées au préalable. Des analyses ont été conduites sur la composition des matériaux, lesquelles ont conclu à une absence de nocivité pour l’environnement.


Les opérations de démolition du P5 commencent ces jours-ci pour se terminer (si la météo le permet) d’ici la fin de l’année 2010. En ce qui concerne les autres pylônes, leur destruction suivra au printemps et à l’automne 2011, les travaux ne pouvant être réalisés ni l’hiver ni l’été afin de ne pas nuire aux randonneurs. En réalisant cette opération, la CMB tient à démontrer son attachement à l’environnement et s’inscrit dans une démarche à long terme pour la gestion de ses installations.


par la rédaction du DL le 01/11/2010 à 05:00

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mardi 26 octobre 2010

25/10/10 09:21 Compagnie du Mont-Blanc : résultats 2009/2010 en forte progression




L'exercice 2009/2010 de la Compagnie du Mont Blanc, clos le 31 mai dernier, s'est soldé par un chiffre d'affaires de 56,24 Millions d'Euros, en hausse de 5,6% par rapport au précédent millésime. Le résultat opérationnel s'est davantage apprécié, à 8,75 ME, soit une croissance de 38,3%, tandis que le bénéfice net part du groupe progressait de 37,5% à 4,48 ME. L'opérateur des remontées mécaniques de la vallée de Chamonix a vu ses capitaux propres croître de 2,3% à 71,24 ME en un an, pour une dette financière nette de 56,67 ME (-9,5%).

La direction explique que le surcroît de chiffre d'affaires comptabilisé sur le dernier exercice a reposé sur une saison d'été "exceptionnelle" (été 2009), dont les revenus ont progressé de 13,1%. Dans un autre registre, la société estime avoir "totalement " résorbé l'impact des investissements comptabilisés en 2008/2009 et qui avait momentanément pesé sur le bilan. Rappelons que 27 ME avaient été investis sur le précédent exercice, dont 15 ME pour la télécabine de Planpraz et 4,2 ME pour la gare de départ du téléphérique de l'Aiguille du Midi notamment.

Les disponibilités du groupe ont été reconstituées à hauteur de 24,2 ME, commente le management, pour un taux d'endettement ramené à 80%. La Compagnie du Mont-Blanc rappelle d'ailleurs que depuis sa création, 118,7 ME d'investissements industriels nets ont été réalisés, pour 116,1 ME de capacité d'autofinancement cumulée sur la période.

L'été 2010 ne sera pas tout à fait au niveau de celui de 2009 en terme d'activité, signale la CMB, en dépit d'un mois de juillet et une première décade d'août meilleurs que l'année précédente, puisque la pluie a contrarié la fin de période. "Un temps moins perturbé sur la fin du mois d'août a néanmoins permis de préserver un niveau de recettes satisfaisant, et ce, en dépit des difficultés qui se sont accumulées tout au long de la saison et qui ont particulièrement affecté les exploitations ferroviaires", explique l'entreprise, qui fait notamment référence aux éboulements qui ont frappé le chemin de fer du Montenvers et les opérations de pompage réalisées sur le glacier de Tête Rousse, qui ont ramené le terminus du TMB au Mont-Lachat plutôt qu'au Nid d'Aigle. Au final, les recettes au 27 août pour les remontées mécaniques ont plutôt bien résisté puisqu'elles n'ont accusé qu'un repli de -1% par rapport à celles de 2009, qualifiées d'exceptionnelles.

Sur l'exercice en cours, la société va poursuivre son programme de cession d'éléments d'actifs non nécessaires à l'exploitation, notamment la vente des droits à construire résiduels du lotissement réalisé aux abords de la gare de départ de l'Aiguille du Midi, soit deux lots pour lesquels le prix de vente espéré dans le cadre de négociations e xclusives en cours est de 2,9 Millions d'Euros. La CMB, majoritaire dans la Société Agro-Touristique Trient-Finhaut, mène en outre des études pour préparer l'implantation de remontées mécaniques et d'un domaine skiable sécurisé et balisé sur le versant suisse du col de Balme. "Un projet de construction d'un télésiège desservant la combe des Jeurs est en bonne voie et devrait aboutir dans deux ou trois ans", selon le promoteur du projet.

Les actionnaires sont convoqués en assemblée générale le 5 novembre prochain au Grand Hôtel du Montenvers.

lundi 30 août 2010

JOURNÉES DU PATRIMOINES
DU SAMEDI 18 SEPTEMBRE 2010 AU DIMANCHE 19 SEPTEMBRE 2010La ville de Chamonix vous propose un programme diversifié pour découvrir et redécouvrir sa richesse patrimoniale à l’occasion des Journées du Patrimoine 2010. Entrées et visites gratuites.

- Le Musée Alpin vous propose des visites guidées de ses collections permanentes à 10h et 14h, ainsi qu’une intervention spéciale à 16h.
Samedi, Isabelle Lambert, restauratrice d’oeuvres sur papier, fera découvrir son métier à travers l’exemple de cas concrets issus du Musée. 
Dimanche, Lucinda Perillat, assistante de conservation et médiatrice, animera un atelier sur les contes et légendes autour du thème des lacs, en marge de l’exposition temporaire « Vision d’artistes : lacs de montagne ». Durée de chaque visite et atelier : 1h30
- L’Espace Tairraz et le Musée des Cristaux réalisent des visites guidées de leurs collections :
- Sylvain Coutterand, glaciologue - géomorphologue, et Luc Moreau, glaciologue, vous proposent une visite guidée de l’exposition « Des Glaciers et des Hommes » à 10h et 16h.
- Le club de minéralogie vous accueille tout le week-end pour vous présenter le musée des cristaux.
- Dimanche matin, ouvertures exceptionnelles des portes du Musée Wibault pour des visites commentées par Lionel Wibault. Le Musée fête cette année ces dix ans ! C’est pour honorer la mémoire de ce peintre décédé en 1998 que Lionel, son fils, a créé l’association « La mémoire de Marcel Wibault », dont le but est de protéger l’oeuvre paternelle et le chalet familial. Grâce à cette association, le grand public peut découvrir un lieu magique et authentique, devenu espacemémoire, où sont présentées des oeuvres originales du peintre. Sur réservation auprès du service culturel, groupes de 20 personnes.
- Dimanche après-midi, circuit « Du côté de l’envers » : visite pédestre commentée par les guides du patrimoine et jalonnée de panneaux historiques sur Les Mouilles, La Frasse, Les Coverays et l’Arveyron. Départ du circuit à 13h30 et 14h de la résidence « Le Fond des Gires », sur réservation
auprès du service culturel. Durée de la visite : 2h30 à 3h, circuit facile.
- Pour célébrer ensemble l’édition 2010 des journées du patrimoine, venez partager le verre de l’amitié au Musée Alpin dimanche à partir de 17h30.

Lieu de la manifestation : Chamonix-Mont-Blanc. 
Tarifs : Gratuit
Renseignements : Mairie de Chamonix-Mont-Blanc
Tél : 04 50 53 11 13

jeudi 19 août 2010

La fonte des glaces contraint EDF à de grands travaux à Chamonix

En raison du recul du glacier de la mer de Glace, qui perd 30 mètres par an depuis 2003, EDF doit déplacer le captage des eaux de fonte qui alimente une de ses centrales hydroélectriques. Un chantier très atypique, sur un site classé, qui nécessite des moyens exceptionnels et qui devrait être achevé en septembre 2011.

GABRIELLE SERRAZ, Les Echos
DE NOTRE CORRESPONDANTE À GRENOBLE.

Depuis près de quarante ans, la fonte naturelle de la mer de Glace, le plus grand glacier français, est utilisée pour produire de l'électricité. La centrale des Bois, sur la commune de Chamonix, permet de fournir du courant à 50.000 habitants, l'équivalent de la consommation de la ville d'Annecy. Mais, depuis 2003, le glacier a reculé de 30 mètres par an et l'épaisseur de glace a diminué de 8 à 10 mètres. Cette situation menace le captage. Situés à 1.490 mètres d'altitude, les équipements, qui étaient sous 200 mètres de glace lors de leur mise en service en 1973, se retrouvent à l'air libre et la centrale installée dans la vallée risque d'être bientôt privée de ses eaux de fonte.C'est une conséquence concrète du changement climatique. A Chamonix, le recul du glacier de la mer de Glace, qui s'est accéléré ces dernières années, contraint EDF à mener actuellement de grands travaux pour pouvoir continuer à alimenter sa centrale hydroélectrique située en aval.
Une perte à laquelle les hommes d'EDF ne se résolvent pas. Avec sa galerie souterraine de 1.700 mètres de long pour acheminer l'eau dans ses turbines, ses 320 marches et son téléphérique, l'installation a en effet représenté un investissement de 20 millions d'euros. Et malgré un surcoût de 20 %, en raison du caractère abrasif de l'eau glaciaire, sa disparition supprimerait une production de 113 millions de kilowattheures.

2,5 kilomètres de tunnels

Pour sécuriser durant quelques années encore l'alimentation en eau glaciaire, la décision a été prise de remonter le captage 1.000 mètres plus haut, sous 100 mètres de glace. EDF, maître d'ouvrage, a confié le travail à Spie Batignolles TPCI et Sotrabas, pour un montant de 15 millions d'euros.
Sur place, le chantier est assez exceptionnel. Il est alimenté par téléphérique et par hélicoptère. Cinq équipes, assistées par cinq guides de haute montagne, travaillent en rotation, soit une cinquantaine de personnes au total. Le creusement des 2,5 kilomètres de tunnels est réalisé au moyen d'explosifs et d'un enchaînement de perçages au robofore à 1 ou 2 bras. Pour stocker le matériel ou installer un réfectoire, de petites niches ont été creusées dans les galeries.
Et pour permettre le creusement de galeries, il faut faire fondre le glacier ! Pour cela, Spie Batignolles emploie une technique particulière, celle de la projection d'eau chaude. Au moyen de lances à incendie, 500 litres d'eau chaude à 37° C sont projetées sur le glacier chaque minute, grâce à l'installation de deux grosses chaudières installées sur une plate-forme extérieure, à l'entrée du chantier. La mise en service de la nouvelle installation est prévue en septembre 2011, un captage provisoire assurant l'alimentation en eau de l'usine en attendant.
Les touristes qui visitent la mer de Glace ignorent tout de ces travaux sous leurs pieds. Dans ce site classé, un des défis du chantier était de préserver l'environnement et le paysage. Pourtant, le recul du glacier affecte aussi l'activité de ce site où, chaque année, 300.000 personnes visitent la célèbre grotte de la mer de Glace. Pour la sécuriser, des travaux de plus en plus onéreux doivent être effectués chaque année et son existence même est menacée.

mardi 3 août 2010

Des glaciologues pédagogues à Chamonix




Pour expliquer au grand public le changement climatique et le recul de la Mer de glace, plus grand glacier français, la Compagnie du Mont-Blanc qui gère le site du Montenvers, a missionné trois glaciologues qui s’y relaient quotidiennement. De la vulgarisation scientifique très instructive et à l’encontre du catastrophisme ambiant.
Luc Moreau, Sylvain Coutterand (photo) et Ludovic Ravanel scrutent depuis longtemps les glaciers, ceux du Mont-Blanc en particulier. Très pédagogues, ces trois scientifiques interviennent en relais depuis la terrasse principale du site du Montenvers pour évoquer la Mer de glace, dont la perte de volume au niveau de sa langue terminale, et son noircissement, inquiètent légitimement le quidam.


Et pourtant, selon ces trois spécialistes rien d’inquiétant. S’ils ne nient pas le réchauffement de la terre et constatent l’accélération de la fonte des glaciers ces vingt-cinq dernières années, ils rappellent que ce phénomène n’est pas nouveau. Et surtout que personne ne sait s’il va durer. Dans leurs propos nuancés, ils soulignent le fait que plus on remonte vers l’amont du glacier de la Mer de glace, moins les pertes de volume sont importantes, voire inexistantes au-dessus de 4000 mètres. Concernant le noircissement du glacier, très visible depuis les Terrasses du Montenvers, s’il est peu esthétique, il témoigne de l’écoulement des matériaux provoqués par la décrue glaciaire et qui se retrouvent ainsi à ciel ouvert au fil des années. Mais qu’on ne s’y trompe pas ! Sous cette couche de pierres sombres, il reste encore 120 mètres de glace. Pour ces trois glaciologues, le Mer de glace, comme nombre de grands glaciers de la planète ne vont pas disparaître demain, qu’on se rassure !




Quant aux causes du réchauffement climatique et de la fonte des glaciers, les trois glaciologues affichent là encore une position modérée. "L’homme a indéniablement sa part de responsabilité dans le réchauffement climatique, mais il faut aussi prendre en compte les paramètres naturels, et notamment l’activité solaire", tempère Sylvain Coutterand, qui ne cautionne ni les théories catastrophiques du Giec, ni celles des sceptiques, emmenés par Claude Allègre. Des propos rassurants qui ne dispensent cependant pas chacun d’entre nous d’être plus respecteux avec l’environnement, dans son quotidien. 
Sophie Chanaron
Dans le secret de la Mer de glace. Lectures quotidiennes du paysage par un glaciologue au Montenvers. 10h12h30 et 13h30-16h30



samedi 31 juillet 2010

Une vallée menacée d’inondation par un glacier

ENVIRONNEMENT.


Le forage et le pompage d’une énorme poche d’eau enfermée dans le glacier de Tête-Rousse, situé au-dessus de Saint-Gervais (Haute-Savoie), débuteront en août.D’ici là, le site va être sécurisé.

 
CATHERINE LAGRANGE | 30.07.2010, 07h00
Certains habitants de la commune de Saint-Gervais (Haute-Savoie), près de Chamonix, ne dorment plus d’un très bon sommeil depuis le début de la semaine. Ils viennent d’apprendre que le glacier de -Rousse, dans le massif du Mont-Blanc et situé juste au-dessus de leur vallée, contenait une gigantesque poche d’eau susceptible d’exploser et de noyer leur village.

« Un risque réel », selon Christian Vincent, ingénieur de recherche au laboratoire de glaciologie et de géophysique du CNRS de Grenoble, qui a découvert le phénomène. Ce dernier est pris très au sérieux puisque, en 1892, au même endroit, une situation identique avait débouché sur une catastrophe : la par noyade d’au moins 175, peut-être 200 résidants de la vallée. « Tous les gens du coin connaissent l’existence de ce risque, souligne Anne, qui vit et travaille sur place. On sait aussi qu’il revient régulièrement, notamment les étés de forte chaleur. »

Une poche d’eau de 65 000 m3
C’est en réalisant des études sur l’utilité du tunnel de surveillance du glacier creusé à l’époque que les glaciologues ont découvert la présence de cette poche d’eau. La méthode de résonance magnétique au proton, autrement dit une IRM réalisée sur la montagne, a mis au jour la présence de 65000 m3 d’eau enfermés dans le glacier et susceptibles, sous la pression, de provoquer une « vidange naturelle ». « On ne s’y attendait pas du tout », reconnaît le scientifique. Sans attendre, les autorités ont décidé d’agir en organisant la sécurisation du site, puis la récupération de la poche d’eau. « De la mi-août à la mi-octobre va être menée une campagne de pompage à la verticale par forage », explique Jean-Marc Peillex, le maire de Saint-Gervais. Les travaux préparatifs ont déjà commencé. Les ouvriers tendent actuellement des filins au-dessus du glacier. Le forage et le pompage de la nappe commenceront autour du 20 août. L’eau ainsi collectée sera réinjectée progressivement dans la nature. Le coût de l’opération est évalué à 2 millions d’euros, financés en partie par l’Etat, les collectivités et le fonds Barnier dédié aux risques naturels.
Pas de panique pour autant sur place. « Ce sont surtout les touristes qui ne parlent que de ça, assure Rachel, qui possède un appartement sur les hauteurs et vient ici faire de la randonnée depuis trente ans. J’ai moi-même appris l’information à la radio, et je suis tout de suite allée en mairie pour me renseigner. On m’a parlé de la catastrophe de 1892, mais aussi assuré que cette fois, on prenait les devants. »

CHAMONIX



Les glaciers transpirent, les scientifiques s'interrogent

Mer de Glace
Mer de Glace
Changement de stratégie à la Mer de Glace. Face à la déception des visiteurs qui empruntent le train du Montenvers chaque été et se retrouvent devant un glacier “sale”, qui perd du terrain, la compagnie du Mont-Blanc a pris une initiative l’été dernier.
Un glaciologue, Luc Moreau, a élu domicile au Montenvers deux jours par semaine pour aider touristes et randonneurs à comprendre ce qu’ils contemplaient depuis les terrasses de la station.La Mer de Glace pour témoin
Cette année, l’équipe a grossi. Ils sont trois à se relayer sur le site jusqu’à la fin de la saison. Luc Moreau est désormais accompagné par Sylvain Coutterand, glaciologue, et Ludovic Ravanel, géomorphologue. « Nous racontons aux touristes l’histoire de la Mer de Glace et du train du Montenvers. Nous les aidons aussi à lire le paysage : la plupart des gens ne comprennent pas que sous les rochers gris qu’ils voient, il y a la glace », explique Sylvain Coutterand. Il s’agit également de faire comprendre que la Mer de Glace n’est pas une ancienne mer qui a gelé, comme on le croyait avant le XIXe siècle, mais un écoulement des neiges éternelles stockées sur les montagnes environnantes.
« Nous essayons surtout de sensibiliser les gens au problème de la fonte des glaciers, en prenant la Mer de Glace pour témoin », assure Sylvain Coutterand. Avec ses 3 000 visiteurs par jour en haute saison, le Montenvers est l’endroit idéal pour diffuser leur message. Mais pas question de répéter bêtement ce que les médias rabâchent depuis deux ans sur le réchauffement climatique.
La fonte des glaciers, les trois scientifiques en parlent, mais avec des nuances. « Les gens doivent comprendre deux choses. La première, c’est que si les glaciers fondent aujourd’hui, le phénomène n’est pas nouveau. La Mer de Glace a déjà connu des fortes variations de température. Je ne nie pas que la terre se réchauffe en ce moment, mais rien n’indique qu’un retournement de situation ne va pas avoir lieu d’ici quelques années, avec par exemple une nouvelle crue glaciaire. Deuxièmement, j’explique que la responsabilité de l’homme est en cause dans le réchauffement climatique, mais qu’il faut aussi prendre en compte des paramètres naturels, comme l’activité solaire », détaille Sylvain Coutterand.
Dans la même optique, la direction du Montenvers va entamer des discussions avec la mairie de Chamonix pour ouvrir un ou plusieurs nouveaux espaces pédagogiques sur le site de la Mer de Glace (lire ci-contre).
En attendant, pour bien comprendre le phénomène de la fonte des glaciers au cours des âges, pourquoi ne pas compléter une excursion au Montenvers avec la visite de l’exposition “Des Glaciers et des Hommes”, à l’espace Tairraz de Chamonix ?
le 30/07/2010 à 06:00

jeudi 29 juillet 2010

Les passions de Chamonix


Sur les bords de l’Arve, dans un décor naturel féerique, Chamonix- Mont-Blanc donne la parfaite image d’une ville à la montagne, de près de dix mille habitants, très cosmopolite. Connue pour être la capitale mondiale de l’alpinisme, elle affirme de plus en plus sa volonté de diversification. L’hiver, une personne sur deux ne skie pas et, l’été, tout le monde ne s’adonne pas à la grimpette !
Un nouveau centre de bien-être de 6000 mètres carrés, proche du complexe nautique entièrement rénové, ouvre cette saison. Au pied des célèbres Drus, le golf offre un parcours exploitable par tous les joueurs. Juste pour le plaisir des yeux, le petit train à crémaillère conduit au Montenvers et au glacier de la Mer de glace, où l’on peut dormir dans les chambres douillettes du Grand Hôtel (refuge de luxe qui date de 1880) à 1 913 mètres d’altitude ! À moins que l’on préfère survoler les montagnes avec la télécabine Panoramic Mont-Blanc qui, depuis l’aiguille du Midi, rejoint la pointe Helbronner en Italie.
Outre la lecture d’un paysage sublime, Chamonix, c’est aussi celle des livres aux couvertures rouges des éditions Guérin, situées au coeur de la station. Depuis quinze ans, elles fidélisent un lectorat passionné par la découverte des textes d’aventure de la littérature alpine. Cet été sort le premier titre de leur collection jeunesse, les Petits Conquérants, une adaptation ludique de la célèbre autobiographie de Lionel Terray, les Conquérants de l’inutile.
Entre autres réjouissances estivales, l’exposition “Visions d’artistes : lacs de montagne”, au Musée alpin de Chamonix, et la découverte du musée des Cristaux de l’Espace Tairraz ou le chaletmusée du peintre de montagne Marcel Wibault (1904-1998), l’Alpenrose, lieu de mémoire empli de charme.
La musique est à l’honneur avec deux festivals : après le Cosmojazz imaginé par André Manoukian (concerts en altitude et dans les bars au mois de juillet), le festival Musicaltitude, du 8 au 12 août, créé par Ra phaëlle Farman et Jacques Gay, deux chanteurs d’opéra, qui marient musique, humour et gastronomie au centre de congrès Le Majestic.
Du 12 au 15 août, la 86e fête des Guides est l’occasion pour eux de revêtir leur tenue Arpin et, cette année, la célèbre filature de Séez, en haute Tarentaise, quasi bicentenaire, ouvre à Chamonix sa première boutique. Une nouvelle adresse de l’art de vivre en montagne.Marie-Christine Hugonot
Photo © Monica Dalmasso/Chamonix

samedi 17 juillet 2010

Comment les glaciers influencent-ils le climat ?

                                                                                                             Jean-François Buoncristiani

Un géologue en prélèvement sous le glacier des Bossons.
Dans la vallée de Chamonix, au pied du mont Blanc, une équipe de géologues se relaient depuis un an pour tenter de percer les mystères des glaciers. Ils sont universitaires et doctorants à Strasbourg, Dijon, Chambéry et Grenoble. Tous veulent répondre à ces questions : que se passe-t-il sous le grand manteau de glace de la triomphante montagne ? A quel point les glaciers souffrent-ils du changement climatique ? En sont-ils acteurs ?


"Il est impossible d'aller complètement sous la glace, explique Jean-François Buoncristiani, membre de l'équipe. Nous devons donc analyser l'eau fondue des torrents pour comprendre ce qui se passe." Tous les jours à heure fixe, l'équipe réalise donc des prélèvements dans les torrents et cours d'eau et va gratter la glace. "Nous nous relayons, raconte le maître de conférences de Dijon. Je suis en route pour le camp des Bossons, où je vais remplacer trois étudiants, récupérer et amener au laboratoire les échantillons."

MESURER L'IMPACT DE LA GLACE SUR LE CHANGEMENT CLIMATIQUE

En faisant parler l'eau sortie des glaciers, les géologues veulent comprendre comment la glace érode la montagne. Les scientifiques recensent deux types d'érosion. La première, physique, est perceptible à la fonte des neiges au printemps, quand les torrents de montagne se teintent de gris ou de marron. Ils charrient alors avec eux des petits bouts de roche.

La deuxième est l'érosion chimique. Invisible à l'œil nu, elle consomme du dioxyde de carbone (CO2) et contribue donc à rafraîchir l'atmosphère. "Tout au long de l'histoire de la Terre, l'érosion chimique a joué un rôle majeur dans la régulation du climat", explique Philippe Amiotte Suchet, membre de l'équipe.

Dans certains glaciers comme au pied du mont Blanc, les températures basses accélèreraient ce processus d'érosion. "Plus il fait froid, plus il y a d'érosion, plus il y a de consommation de CO2, et plus il fait froid", poursuit Philippe Amiotte Suchet. "Il y aurait un phénomène d'emballement, de perturbation que nous voulons démontrer", poursuit le scientifique. Cela permettrait de savoir quel rôle jouent les glaciers dans le réchauffement climatique et quelle influence leur fonte aura sur le climat. Moins de glaciers veut dire moins d'érosion, et moins d'érosion moins de consommation de CO2.

                                                                                                         Jean-François Buoncristiani
                                                                                                  
                                           Glacier des Bossons, Mont Blanc.

CONNAÎTRE LES CONSÉQUENCES DU RECUL DES GLACIERS

Actuellement, les glaciers reculent en effet de plus d'un mètre chaque année. En se retirant, ils laissent des roches fragiles, usées par les érosions physique et chimique. "Nous voulons savoir ce qui va se passer avec ces roches, expose Jean-François Buoncristiani. Est-ce qu'il y a des risques d'éboulement, de glissements de terrain ?" Autant de questions essentielles pour les populations habitant près des glaciers.

Le mont Blanc est un terrain d'expérimentation intéressant pour les scientifiques, selon Jean-François Buoncristiani, car "l'eau coule sur du granit, comme c'est le cas pour la majorité des glaciers du monde. Les résultats pourront donc s'exporter".

Les premiers résultats de ces recherches, intégrées à un programme baptisé "ERD Alps" (Erosion and Relief Development in the Alps), devraient être disponibles à la fin de l'année. Les chercheurs doivent rester sur le terrain trois ans, mais souhaitent prolonger leur mission pendant une dizaine d'années. Car la prestigieuse montagne livre ses secrets au goutte-à-goutte.

Judith Duportail
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